Petites considérations sur le transport ferroviaire

from by OBSCURANTINE

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lyrics

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Entrons
Entrons
Précipitons nous à l’intérieur du wagon
Celui-là ne me convient pas celui-ci non plus
Pas de place attrayante me voici remontant jusqu’au bout de la chaîne
Derrière la locomotive
Là où tout tremble
Là où le bruit rien que le bruit ne laisse plus rien entendre
On ouvre les sas à la file indienne
Chacun de ces sas est une voie de communication
Un lieu noir, agité, habité par le vacarme assourdissant de la fuite sur les rails
Enfin installé près de la fenêtre, je fatigue mes yeux en effectuant d’incessants allez retours
J’essaie d’aller plus vite que la vitesse qui nous jette
Il y a tant de choses à embrasser du regard
D’autres fois ces paysages bien connus m’ennuient
Je me détourne de leur danse
Mais tout ce flux de choses en ligne droite
Un puissant travelling de gauche à droite nous fascine
Le dehors est aussi le moyen de ne pas se faire remarquer des gens du dedans
Je m’amuse de ne pas être de ceux qui ne supportent le voyage qu’assis dans le sens de la marche
Je me dis qu’en cas d’accident ce seront eux qui seront projetés
La décélération brutale me clouera sur le fauteuil et peut-être que le voisin de devant embrassera mon nez
Je vois défiler le temps et les baraques grises du centre de la France
Je pense à ma vie qui défile depuis mon enfance
Je vois défiler les trains
J’entraperçois des mains, des annulaires sans alliance
Des collants de laine qu’enserrent les jambes du mois de novembre
Le brouillard est partout et réduit la profondeur du monde
J’imagine au-delà tous les climats possibles
Des étrangers convulsifs comme moi agités par les mêmes pulsions
Celles qui justifient nos pudeurs
De là où je vous parle, défilent des plongées sur les jardins minuscules et ce doit être bien beau que de voir son thé frémir au passage des convois
De là où je vous écris je ne vois que des rails
Comme de longs cheveux noirs sur lesquels nous glissons presque naturellement
Des grues discutent avec des flamands unijambistes
Et c’est l’occasion pour les arbres de se tordre de rire
Ils éternuent des feuilles et confectionnent des tapis sans respecter les clôtures et les chaussées
Le vent se charge d’accentuer le désordre
Enfin, il suffit d’un long mur pâle qui n’en finit pas de se cloner pour se réjouir de voir à sa surface les traces picturales de la nuit
De grandes lettres mariées les unes aux autres et hautes en couleurs se succèdent
Typographie bariolée fonce comme une pellicule dans l’appareil de projection
Un film de plusieurs centaines de mètres est lancé
Joie vive triste révolte anonyme
La mobilité aujourd’hui ?
C’est la ville, la campagne et la ville à nouveau
Le tout en moins d’une heure de trajet


Vj

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from Obscurantine, released March 27, 2013

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